Corps et sculpture : traces, moulages et empreintes

Le corps et la sculpture entretiennent depuis 1945 des rapports complexes et
contradictoires qui se cristallisent dans des créations plastiques majeures. Pour en
apprécier le sens et la valeur, il serait aussi vain d'en dresser un inventaire complet que
de tenter d'en écrire une histoire linéaire. Ce sont ici des fragments «d'histoire(s) de la
sculpture» qui sont offerts au lecteur - si l'on ose reprendre le concept d'«Histoire(s) du
cinéma» de Jean-Luc Godard - fragments reliés par un thème commun et par la vocation
pédagogique de l'ouvrage.
La priorité de ce dossier est en effet d'aider les
professeurs à traiter les questions artistiques que
génère la présence de «traces», de «moulages» et d'«empreintes
du corps dans la sculpture de la seconde
moitié du XX<sup>e</sup> siècle», conformément aux programmes
limitatifs du baccalauréat des séries L «arts plastiques».
Mais au-delà, il vise aussi à donner à tout lecteur curieux
de l'art de son temps une idée précise sur une des
inclinations récurrentes de la sculpture contemporaine
qui, à l'instar des autres catégories des beaux-arts, ne se
suffit plus de ses stricts contours.
De par son regard historique autant qu'esthétique, cet
essai de Paul-Louis Rinuy, professeur d'histoire de l'art
contemporain à l'université de Nantes, nous convie non
seulement à mettre la sculpture actuelle en résonance
avec un passé toujours prégnant mais encore à la
considérer comme la possible cause d'un lointain aperçu
au vif du présent. Invitation stimulée par un choix
d'oeuvres qui en révèle les aspects les plus étonnants et
parfois les moins consentis. Il s'agit de mieux connaître
et comprendre l'art d'aujourd'hui grâce à un regard
renouvelé sur un XX<sup>e</sup> siècle divers et foisonnant, où se
côtoient et s'opposent, entre autres, Brancusi, Duchamp
et Giacometti, Duane Hanson, John De Andrea et
Raymond Mason, ou, tout récemment, Giuseppe
Penone, Georges Jeanclos, Pascal Convert, Antony
Gormley, Mark Wallinger ou Baselitz.