Octobre : sketches et choeurs parlés pour le groupe Octobre (1932-1936)

Octobre : sketches et choeurs parlés pour le groupe Octobre (1932-1936)

Octobre : sketches et choeurs parlés pour le groupe Octobre (1932-1936)
Éditeur: Gallimard
2007538 pagesISBN 9782070784240
Format: BrochéLangue : Français

«C'est le moment de faire son théâtre soi-même !» écrit Prévert en 1931. La

joyeuse équipe de la rue du Château a quitté domicile ; le compagnonnage

surréaliste a vécu ses plus riches heures. Face à la crise et à la misère du

prolétariat, contre la corruption des élites et la montée des nationalismes, le

temps est à l'action militante. Et c'est sur la scène, au plus près des mouvements

prolétaires et de ceux qui les soutiennent, que Prévert donne alors le

meilleur de lui-même, avant que le cinéma ne l'occupe plus encore. Les cinq

années qui précèdent l'avènement du Front populaire seront, pour Prévert et

ses amis, celles du théâtre révolutionnaire, où la bouffonnerie est politique et

la farce, féroce dénonciation. Antimilitarisme, anticléricalisme, antiparlementarisme,

antifascisme... le ton est plus que radical. Mais l'imagination a

sa place et souvent, à la manière poétique de Prévert, la «vie des rêves fait

irruption».

Le groupe Octobre est l'une de ces troupes de théâtre amateur fédérées

par le parti communiste, constituées dans le prolongement de l'agit-prop

soviétique. Le groupe de Prévert, par la force de ses textes et la créativité

débridée qui le caractérisent, devient vite le plus en vue du mouvement. Son

originalité le conduit même jusqu'à Moscou, au printemps 1933, où la troupe

jouera devant Staline - malgré les trotskistes de la bande ! - quelques pièces

de son répertoire. Répertoire que Prévert, bien plus tard, reprendra partiellement

dans ses recueils poétiques, à l'image de La Bataille de Fontenoy ou de

La Pêche à la baleine.

Ce recueil rassemble les textes de Prévert écrits pour Octobre : sketches

et saynètes, choeurs parlés et chansons ; la plupart sont rares ou inédits.

L'actualité des temps troublés qui les virent naître y est partout présente.

C'est, au-delà du guignol et de l'épaisseur du trait, Prévert et son époque qui

s'y trouvent réunis, à grand bruit. Comme écrira Antonin Artaud à propos

d'Octobre, qu'il admirait beaucoup, «l'humour de Jacques Prévert signale

que la vie de l'époque est malade».

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