Le nègre et le bon Dieu

Tout sépare Borowitz, ténor du barreau à la retraite, et Olivier Henry,
jeune professeur de français. D'un côté le cynisme et le rationalisme, de
l'autre la foi et la candeur de la jeunesse. Leur affrontement semble déséquilibré.
Qui est le diable, qui est le bon dieu ? Qui est le nègre ? Qui est l'auteur ?
Dans ce face-à-face voulu par l'ancien avocat, machiavélique et licencieux,
les deux protagonistes vont s'affronter et se défier. La haine du
plus jeune pour son aîné n'exclut pas une certaine forme d'admiration
et en choisissant ce jeune homme plein de certitudes et d'illusions l'ancienne
vedette du palais de justice trouve un contradicteur à sa mesure.
Chacun cherche à tester auprès de l'autre ses convictions ou ses doutes.
Mais leur collaboration forcée va propulser les deux hommes sur les
chemins de la gloire et celle-ci va modifier profondément leurs rapports
et leur vision de la vie. C'est ainsi que dieu ne sera pas insensible au
chant des sirènes et que le diable fera preuve de générosité. À moins
qu'il ne s'agisse encore d'une de ses ruses...
Dans un récit mené tambour battant, l'auteur use d'un style concis et
dépouillé pour donner toute sa vigueur à l'action et maintenir le lecteur
en haleine. Les charges sévères contre les pratiques douteuses du
monde littéraire ou des médias font bon ménage avec la cocasserie des
situations qui sont décrites avec un humour grinçant et omniprésent.