Louis XIV comte de Nice, étude politique et institutionnelle d'une annexion inaboutie (1691-1713)

Louis XIV comte de Nice, étude politique et institutionnelle d'une annexion inaboutie (1691-1713)

Louis XIV comte de Nice, étude politique et institutionnelle d'une annexion inaboutie (1691-1713)
Éditeur: Serre
2006368 pagesISBN 9782864104483
Format: BrochéLangue : Français

A l'occasion des guerres de la ligue d'Ausgbourg

et de la succession d'Espagne, Louis

XIV se rend, par deux fois, maître du Comté

de Nice, possession du Duc de Savoie. Cette acquisition

s'effectue en réaction à la politique versatile de

Victor-Amédée II, qui au commencement de chaque

conflit, rompt promptement son alliance avec la

France pour rejoindre le camp ennemi. En raison des

rétrocessions officielles des traités de Turin (1696) et

d'Utrecht (1713), ces périodes sont, le plus souvent,

qualifiées «d'occupations». Mais l'emploi de ce mot n'est pas sans conséquence :

il implique que le «Roi-Soleil» s'est emparé momentanément de Nice, avec l'intention

de ne se substituer que pour le temps des conflits à l'autorité de la Maison

de Savoie. Enfermée dans cette définition, la présence française ne présente aucun

impact politique réel, car elle n'a pas pour objectif de perdurer. Or différents éléments

attestent de la volonté du souverain français d'y exercer définitivement son

autorité. A deux reprises, le Sénat rend désormais la justice au nom de Louis XIV

devenu «Comte de Nice». Après chaque invasion, le Roi de France utilise les techniques

éprouvées par le passé pour assimiler une province étrangère. Pour ce faire,

les Niçois doivent se soumettre à différentes obligations : l'accueil de commissaires

de Roi, l'organisation et la prestation d'un serment de fidélité, l'installation et

l'entretien des troupes aux frais de la population. Par l'établissement d'une autorité

d'ailleurs modérée, Louis XIV réussit surtout à rattacher au niveau judiciaire et

fiscal le Comté de Nice au royaume de France, sans susciter pour autant l'hostilité

des habitants. Mais les deux fois, le souverain français est finalement contraint à

une rétrocession en faveur de Victor-Amédée II. Les négociations de paix mettent

un terme à cette tentative d'assimilation politique, judiciaire et administrative, en

permettant le retour des Niçois sous domination de la Maison de Savoie. A l'issue

du premier conflit, et plus encore du second, la France n'a plus les moyens humains

et financiers pour se faire reconnaître l'annexion du Comté de Nice par le concert

des nations européennes.

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