1912 + 1

San Remo 1913 : la femme d'un capitaine
des bersagliers tue d'une balle de revolver
en plein visage le jeune ordonnance en service
chez elle. Moyen expéditif et expédient pour
la dame de mettre fin à une liaison ? Geste
accompli pour sauver un honneur menacé
par les fougueux assauts du jeune soldat ?
C'est ce qu'alors se demandèrent, dans
un déchaînement de passions, la justice et
l'opinion publique. Sciascia, en racontant
cette histoire pétillante, repose ces questions
et quelques autres, qui se ramènent peut-être
à une seule : y a-t-il des raisons pour tuer
un homme ?
«La réalité était pour Sciascia une énigme.
Ce n'est pas seulement une caractéristique
des scientifiques et des enquêteurs : c'est
un trait commun aux grands romanciers. La
solution, certains la trouvent dans le sentiment
poétique. Lui, il avait pour armes l'intelligence,
le sourire amer, la précision, la limpidité.»
René de Ceccatty, Le Monde