La voix dans le débarras. The voice in the closet

Pour le soustraire aux Nazis, une mère cache son enfant
dans un placard. C'est depuis ce lieu à la fois excitant et
angoissant que l'enfant-narrateur va pouvoir suivre sans
oser bouger l'arrestation de ses parents et de ses soeurs, qu'il
ne reverra jamais. Dans un bref récit écrit simultanément
en anglais et en français, Raymond Federman restitue, sous
la forme d'un monologue halluciné, cet événement-clé
de sa vie dont il conjure le traumatisme par une violence
verbale jamais vue et surtout jamais entendue dans un récit
de survivant.
Comme l'écrit Marc Avelot, dans une préface éclairante,
"la grande force de Raymond Federman est de conjoindre
les chaos dans un récit qui s'élabore comme une sorte d' art
poétique de l'horreur. Si l'on veut bien aborder le livre sous
cet angle, il s'offre, à la charnière de James Joyce et de Pierre
Guyotat, comme un des textes majeurs du XX<sup>e</sup> siècle."