Les oignons me font pleurer ou L'enfant au piano...

Les oignons
me font pleurer
ou l'enfant au piano...
Bernard Pons
Le 14 juin 1962,à midi, nous étions à bord du bateau « le Ville d'Oran ».
C'était l'exil.
Ainsi commence la deuxième partie du récit de Bernard Pons.
Comme des milliers d'autres personnes, il lui faut quitter sa terre, cette Algérie « écrasée par l'azur » où Notre Dame d'Afrique veille sur les siens.
Voyage sans retour.
Il a tout juste onze ans quand il débarque à Marseille, enfant perdu au milieu d'une foule fébrile : chacun cherche un proche, un ami qui va l'accueillir.
La famille a tout perdu, tout laissé. Tout est à reconstruire.
L'enfant a laissé en Algérie ses rêves : continuer ses cours de piano, faire une carrière musicale.
Il retrouvera pourtant quelques années plus tard un autre piano : les fourneaux de son restaurant « Aux Trois Horloges », où, pendant plus de vingt ans, il régalera, avec autant d'amour et de chaleur, anonymes et gens du spectacle, dont certains deviendront des amis intimes.