Ramallah, mon amour : récit

«L'imprévu absolu se substitue à l'ordinaire.
Le chemin ne conduit plus à aucune maison.
Désormais, la maison ne confère plus aucune
sécurité, ni chaleur ni repos. La ville, tyrannisée
par l'imprévu, a transformé chaque foyer en prison.
La vie est devenue fille du hasard.
Je suis vivant parce que j'ai de la chance, c'est tout.
Aucune autre raison ne l'explique, ni la volonté
de vivre, ni même les lois de la sélection naturelle.»
Il est palestinien. Elle est française. Nous sommes
à Ramallah, en 2002.
Ramallah, mon amour : une longue lettre adressée
à une femme, à moins que ce ne soit à la ville
assiégée. Mahmoud Abou Hashhash y conjugue,
entre présence et absence, mémoire et oubli,
l'amour et l'écriture, qu'il construit et déconstruit
sans cesse, comme cette ville dévastée à laquelle
il est attaché malgré lui. Une nouvelle voix à l'heure
où s'ouvre un pan inédit de l'histoire palestinienne.