Le jour de la gratitude au travail : deux récits

Le Jour de la Gratitude au Travail réunit deux
récits mordants et drôles sur le monde du travail,
vu du côté féminin, au Japon.
«Quel est votre but dans la vie ?» a-t-on demandé
à Kyôko lors de son premier entretien d'embauche.
«Vivre vieille», a-t-elle répondu. Après avoir été
virée pour avoir molesté son patron qui s'était montré
obscène et insultant, la voilà qui accepte une «rencontre
arrangée» avec un homme infatué de lui-même et de
la taille... de son entreprise.
Dans le second récit, l'amitié qui unit la jeune Oikawa
à son collègue de travail Futo est de nature assez
spéciale. On a beau savoir que les liens qui se nouent
au travail sont parfois très puissants, il est rare que
le fantôme de votre collègue vous apparaisse, pris de
hoquet, devant la porte de son appartement. Dans la
société qui les employait, tous deux ont vécu bien des
mésaventures, drôles mais éprouvantes car soumises
à la dure loi du marché. Mais ils ne partagent pas
seulement une amitié, il y a un pacte qui les lie : si
l'un d'eux meurt, l'autre devra détruire toute trace
de son secret. Ce secret que chacun de nous abrite,
peut-être sans importance, mais que personne ne doit
connaître.
L'art d'Itoyama Akiko, c'est de savoir, dans le tableau
d'ensemble, repérer le détail qui, soudain, bouleverse
la perspective. Ses deux récits colorent la banale
réalité du travail de la touche de l'imprévisible ; alors
l'être humain révèle son excentricité cachée, et la lutte
pour le pain quotidien, son ironique vacuité.