Traces : mémoires et politiques des désastres en Amérique latine

Ces quatre études complémentaires s'inscrivent dans le champ de l'anthropologie des
désastres ou «événements critiques» : en 1987, au Brésil, à Goiânia, des habitants sont
contaminés au césium 137 (Telma) ; le 29 avril 2003, une inondation catastrophique
se produit dans la ville argentine de Santa Fe (Susann) ; le 3 décembre 2004, à
Buenos Aires, un incendie durant un concert de rock au théâtre Cromañón coûte la
vie à 194 jeunes (Diego) ; un dépotoir, toujours à Buenos Aires, est le lieu de passage
vers le cirujeo , devenir ramasseur d'ordures pour survivre (Mariano).
Ces études posent, crucialement, comme le précise l'éclairante préface de Cornelia
Eckert, la question de la mémoire : se souvenir de La Quema, dépotoir, lieu de
violence et de survie... Comment organiser et garder la mémoire de l'inondation de
2003, des 194 jeunes, de l'accident radioactif, quand l'art s'empare officiellement, en
2014, de la catastrophe de 1987...
Il faut collecter les récits, les manières de vivre, car raconter des histoires sur le
passé est une pratique sociale cruciale pour l'action humaine, qui structure «des
évènements temporellement distribués en totalités interprétables».