Hommes des bois ? : socio-anthropologie d'un groupe professionnel

Les préjugés liés aux forestiers sont tenaces. Ainsi, puisque selon la
culture occidentale on ne peut longtemps séjourner en forêt sans
y perdre son humanité, les forestiers sont toujours soupçonnés de
sauvagerie. Le bûcheron, figure emblématique de ce milieu, reste
«l'idiot moyen qu'a pas fini ses études, le gros ours du fond des bois»
selon les termes de l'un d'entre eux. En plus de cette image sociale peu
valorisante, l'activité des entrepreneurs de travaux forestiers (ETF)
- des bûcherons, débardeurs et sylviculteurs indépendants - est
aussi exceptionnellement dangereuse : un ETF sur cinq est victime
d'un accident chaque année. Dès lors, choisir une telle profession
n'est pas anodin. Comment devient-on entrepreneur de travaux
forestiers ? Qu'est-ce qui motive ceux qui le deviennent et leur fait
accepter ces difficiles conditions d'activité ? Comment trouvent-ils
et surtout conservent-ils un successeur, eux qui interdisent à leurs
enfants de s'inscrire à leur suite ? Ces questions trouvent ici une
réponse à travers une approche socio-anthropologique de ce groupe
professionnel.
Au-delà du cas particulier des activités forestières, les analyses
développées dans cet ouvrage apportent, entre autre, un éclairage sur
l'apprentissage, la gestion des risques professionnels, la transmission
d'entreprise et l'organisation du marché du travail.