Art du comprendre (L'), deuxième série, n° 13. Penser le prophétisme : le clair et l'obscur

Les prophéties, fondements de la culture vivante, de tout temps
ont animé le cours de l'histoire. Elles s'offrent encore dans la
modernité sous leurs formes anciennes ou renouvelées.
Quel est le sens ou la fonction qui les soutient et de quel possible
ou impossible fondement ? Les «messianismes» qui, parfois en
résultent, valent-ils à l'aune de la foi et de la seule mystique ou des
valeurs intrinsèques et des perspectives qu'ils promeuvent ? Sont-ils
accordés à une universalité raisonnable ou au seul arbitraire d'un
dogme ? Selon quels indices alors, d'un paradigme inconscient ou
occulté ?
Plusieurs figures de la prophétie sont ici présentées :
l'hébraïco-judaïsme en son symbolisme inaugural et celui de ses
épigones chrétiens et musulmans, l'antiquité gréco-latine aux
pratiques divinatoires et impériales, l'Occident renaissant ou plus
tardif et son oracle politique, esthétique ou de science offrant des
promesses d'aurores et tant d'eschatologies rapatriées dans
l'immanence.
Un comprendre de ces enjeux, aujourd'hui plus que jamais,
s'impose. Le prophétisme, selon sa perspective, pourrait bien figer
l'homme en la statue de sel de la légende autant que perpétuer son
errance, à moins qu'il n'aide à révéler des horizons nouveaux, selon
la pertinence de ses vues.
Ce nouveau numéro de l'Art du Comprendre se propose, entre
herméneutique et critique, anthropologie et histoire, d'explorer les
lumières et les ombres du prophétisme.