La question du salut : un salut de l'homme sans Dieu est-il possible ? : actes des Journées de l'Association des philosophes chrétiens

Il y a comme des générations de l'athéisme et corrélativement une actualité
renouvelée de la question du salut. Naguère, Henri de Lubac avait décrit le
«drame de l'humanisme athée». Aujourd'hui, ce n'est pas le moindre avatar
de la sécularisation que de s'en prendre à l'idée même de salut - de la salvation,
non du sauvetage, de la sauvegarde ou de la santé - pour la faire glisser tout
entière au profane.
On a rappelé les fondamentaux oubliés : «être sauvé», «être un sauvé»,
ce qui en moi demande à être sauvé et de quoi ? Ces fondamentaux constituent
les présupposés de notre question : ce qui est salutaire et salvifique, est-il
possible de le réduire anthropologiquement ? Il y avait bien entendu d'autres
aspects de la dimension sotériologique.
Un souci primordial se joue entre Dieu et l'homme, corrélatifs à jamais.
«Salut sans Dieu» [Luc Ferry], autant parler, comme Alice au pays des
merveilles, de «sourire sans chat». Posée aujourd'hui, la question du salut se
fait contemporaine d'un athéisme absolu qui prétend s'en tirer par les seuls
moyens du bord, aggravé d'un appel à l'apostasie. Il fait couple avec une
radicalisation de l'interrogation sur le salut. Ce n'est certes pas seulement un
«Dieu qui sauve», mais celui qui participe à son oeuvre. Seulement on ne
saurait tirer de l'homme seul de quoi transcender l'homme. Voici le point.
Pourquoi n'est-ce pas possible au fond ?