Journée d'un opritchnik

Moscou, 2028. Une oligarchie sanguinaire exerce sur la Russie
un contrôle totalitaire absolu. Équipés désormais de moyens
technologiques ultra-sophistiqués, les nouveaux maîtres
- des opritchniks à l'image des gardes d'Ivan le Terrible connus
pour leur sadisme - plongent le pays dans un sanglant féodalisme.
Parmi eux, Komiaga, dont Sorokine déroule ici une journée
ordinaire, rythmée par ses missions (liquidation d'un aristocrate,
détournement de fonds à la frontière chinoise, enquête sur
un poème calomniant le gendre du souverain...) et ses rituels,
alternant séances de prières et orgies.
«En Occident, être écrivain est une profession, chez nous,
c'est un travail de sape : l'écrivain sape les fondements
de l'État.» Dans le contexte actuel, ce roman brillant et impitoyable
constitue une véritable provocation vis-à-vis du nouveau tsar :
on est saisi par la vision de ce qui pourrait être un KGB nouvelle
manière, moralisateur et pervers, composé d'assassins qui
se réfèrent au christianisme.