Haine et violences antisémites : une rétrospective, 2000-2013 : menaces sur la République

La France n'est pas un pays raciste ou antisémite. Il n'y existe plus
d'antisémitisme institutionnalisé, comme cela fut le cas dans les années
40, mais il ne convient pas pour autant de faire de l'angélisme
et d'ignorer la réalité. On se doit de constater que les violences, allant
jusqu'à l'assassinat, et les menaces contre les Juifs et leurs institutions,
ont considérablement augmenté depuis l'année 2000. Marc Knobel explique
pourquoi la situation s'est dégradée à ce point, quelquefois dans
l'indifférence des politiques et des médias.
Des jeunes qui vivent dans les quartiers dits sensibles et qui, souvent
discriminés ou victimisés, sont en quête d'identité, s'identifient aux Palestiniens.
Ils passent très vite de l'antisionisme à l'antisémitisme, d'Israël
à Juifs. Le conflit israélo-palestinien joue donc ici un rôle majeur.
Notons que ce conflit sert aussi d'alibi à l'expression de l'antisémitisme
dans des milieux plus privilégiés culturellement et socialement.
Par ailleurs, les banlieues défavorisées sont devenues le terrain idéal
de diffusion de leur propagande pour les islamistes. Dans les prêches
comme à travers Internet, ils présentent une vision d'un Islam qui serait
assiégé, menacé par les Américains, les Européens et les Juifs. Cette
vision complotiste du monde est d'autant plus grave que ces jeunes déshérités
entendent et lisent régulièrement leur propagande, s'en nourrissent
en pensant y trouver l'explication à leur désarroi dans une société
qui n'a pas su les intégrer. Les antisémites pensent que les juifs sont
protégés, ils imaginent qu'ils sont tous riches et puissants.
Les vieux stéréotypes sont là. L'antisémitisme, comme toute autre
forme de racisme, est inacceptable. Il est une injure à la République et
ses effets peuvent se révéler dramatiquement, car ceux qui l'instrumentalisent
s'illustrent par leurs appels incessants à la haine, à la violence
et au meurtre.