Le docteur Adrien Proust : père méconnu, précurseur oublié

Le nom de Proust appelle à peu près automatiquement le prénom de
Marcel. En voyant imprimé ici celui d'Adrien, on s'interroge. Serait-ce
une erreur ? Un homonyme ? Ou, plus vraisemblablement, un parent ?
Gagné ! Il s'agit du père de Marcel. Certes, on se doutait bien que Marcel
avait eu un géniteur mais, son rôle biologique accompli, il ne présentait
plus guère d'intérêt et avait rapidement sombré dans l'oubli. Et pourtant,
Adrien a été un personnage considérable de la Troisième République, dont
les funérailles, presque nationales, vinrent couronner une carrière brillante
où ne manquèrent ni la fortune, ni les amitiés les plus flatteuses,
fournissant ainsi à Marcel le cadre où il pourra s'épanouir. Médecin chef
de service à l'Hôtel-Dieu, professeur à la faculté de médecine de Paris,
inspecteur général des services sanitaires, délégué de la France aux
congrès sanitaires internationaux de 1874 à 1903, année de sa mort,
Adrien Proust a défendu et propagé durant trente ans, par la plume, par la
parole et par l'action, les multiples aspects de l'hygiène, une nouveauté à
l'époque. Cent ans après sa disparition, la persistance, entre autres, des
maladies nosocomiales, l'apparition du SIDA et du SRAS, montrent
qu'Adrien Proust avait été, dans ce domaine, un précurseur injustement
oublié.