Tout emporter : poèmes 1988-2008

«Karel Logist voit loin, Karel Logist voit tout de travers. C'est
qu'il voit le monde de là où il se trouve : de l'autre côté du fleuve.
Selon les heures du jour, selon les saisons de l'année, le regard
doit traverser tantôt la brume qui traîne autour de l'eau, tantôt
les pluies de novembre, ou alors les mirages de l'été.
Ainsi il arrive que le malheur, à cette distance, vous ait des airs
de complicité, pour un rien il vous tendrait la main. Et il n'est pas
rare que le bonheur, avec son vieux manteau et ses pas de danse
maladroits, vous lance une grimace en guise de salut.
Géographe de la dérision, Karel Logist ne se moque de rien.
Il sait cependant qu'il faut cligner de l'oeil pour y voir clair. Après,
il reste des poèmes, pour dire que rien ne dure - sauf le coeur.»
Francis Dannemark