Le massacre, objet d'histoire

Le massacre est une pratique humaine des plus anciennes et des plus
récurrentes.
En cela, elle constitue un défi pour l'historien : soit l'étudier comme
un événement à chaque fois singulier et s'interdire alors de le constituer
en un objet d'histoire en soi, ou bien vouloir en cerner la nature
commune, au risque alors d'une approche transhistorique qui s'échine
à trouver une structure là où il n'y aurait que conjoncture.
À distance de ces deux risques, une vingtaine d'auteurs - historiens,
philosophe et juriste - conjuguent la permanence du massacre à travers
l'histoire, quels que soient les progrès supposés de la civilisation,
et sa spécificité dans l'espace et le temps (Occident, Afrique, Asie).
La récurrence est soulignée par le déroulé chronologique, des massacres
dans l'Antiquité aux génocidex contemporains. Le choix n'est
pas exhaustif, mais toujours le contexte est restitué et la postérité
historiographique soulignée, qui permettent de fonder des catégories
classificatoires : massacres assumés, massacres refoulés, vecteurs
d'identité ; opération militaire, processus politique, visée terroriste.
Surtout, l'histoire des massacres est ici indissociable de celle de la
progression de la conscience philosophique, civique ou juridique qui
cherche à bannir ce crime contre les Hommes par le recours à la
justice. Histoire, droit et philosophie ensemble donnent corps à ce
nouvel objet de recherche.