La Turquie, de la candidature à l'adhésion : l'appropriation de l'acquis communautaire

En principe, avec l'ouverture des négociations d'adhésion, commence
pour la Turquie, dans le cadre d'un «partenariat pour l'adhésion», la phase
d'appropriation de «l'acquis communautaire», comme l'ont connu la
Roumanie et la Bulgarie, amenées à négocier leur adhésion sur la base d'un
«acquis» comparable.
C'est ce qu'a voulu étudier l'important colloque qui s'est tenu à Istanbul,
à l'automne 2004, sous l'égide du Centre de Recherche et de Documentation
Européenne (CREDE) de l'Université publique francophone de Galatasaray.
Nous disposions, à l'époque, du document d'étape de la Commission
européenne qui fixait des objectifs pour 2006 et du «Programme national de
la Turquie» qui était confié au Secrétariat général pour les affaires européennes.
Dans la mesure où il était exclu de traiter l'ensemble des chapitres ouverts
à la négociation, des choix devaient porter sur les questions paraissant les
plus importantes. Il convenait donc d'adopter un découpage qui, outre le fait
de reprendre le plan d'exposition habituel des questions de droit communautaire
«matériel», présente l'avantage de permettre de telles synthèses.
Après quelques interventions introductives relatives à la notion «d'acquis
communautaire» ou à l'approche économique globale, devaient être abordés,
successivement, les quatre principaux pans des négociations :
- «la libre circulation» concernant les personnes, les entreprises et la libre
prestation de services ;
- «la libre concurrence», avec les obligations imposées aux entreprises, aux
personnes publiques et aux entreprises «de réseau» ;
- «l'harmonisation des législations nationales» notamment la propriété
intellectuelle, la communication audiovisuelle et l'harmonisation fiscale...
- «les politiques communes» concernant notamment l'agriculture, les
transports, l'environnement, «la cohésion économique et sociale» et les politiques
sociale et de l'emploi...
Ce livre qui effectue, tant que faire se peut, la synthèse de ces travaux,
tente donc d'informer au mieux et de provoquer la réflexion aussi bien chez
les spécialistes des débats européens que chez le simple citoyen, turc ou
européen, dont l'avenir dépend, en partie, des réponses qui seront données,
dans les années qui viennent, aux nombreuses questions abordées dans cet
ouvrage.