Les meuniers du social : Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme

Aux grandes heures de la croissance, Force ouvrière se voulait le syndicat
du «grain à moudre». La pratique contractuelle et le paritarisme furent
les voies privilégiées d'un réformisme revendiqué au même titre que
l'anticommunisme. Ce livre veut contribuer à écrire l'histoire de la plus mal
connue des grandes confédérations françaises.
Centré sur deux décennies, l'ouvrage cerne une période décisive qui voit les
relations contractuelles et le paritarisme passer du stade de l'expérimentation
de la fin des années 1950 à celui de la banalisation, avant que leur rendement
social ne s'épuise au tournant critique des années 1980. Au cours de ce
cycle, Force ouvrière a concouru pour le titre de partenaire privilégié du
patronat et des pouvoirs publics, soucieux d'acter chaque progrès et de
prendre ses responsabilités dans l'administration des multiples caisses et
conseils issus des compromis signés. Pourtant, ce cheminement n'allait pas
de soi, notamment en matière de paritarisme.
Confiée aux meilleurs spécialistes - historiens, sociologues, politologues,
économistes -, la démarche adoptée, aux antipodes d'une analyse repliée
sur le syndicat, considère ses rapports avec ses interlocuteurs, parfois
«partenaires», patronaux ou gouvernementaux sur fond de concurrences
intersyndicales. Par-là, elle donne à comprendre les singularités de Force
ouvrière et celles du système français de relations sociales.