Agir, n° 35. La question du développement

On a fait du «développement» la référence universelle : le classement
entre pays développés et sous-développés en est l'illustration ; la
croissance économique est devenue la mesure de ce qu'on appelait
autrefois le «progrès». Mais on voit bien aujourd'hui que ce concept
bat de l'aile, d'abord parce qu'il s'avère inopérant à rendre compte de
la réalité du monde, ensuite et surtout parce qu'il ne «marche» plus !
Le monde est en proie à des problèmes de fonctionnement, voire de
survie - alimentation, eau, air, protection des ressources, etc - qui
sont autant d'enjeux stratégiques auxquels le modèle de
développement n'a pas su ou pu, en temps utile, apporter des
réponses concrètes. La question du développement se pose avec force
et urgence parce qu'on a fait croire à toute l'humanité qu'il était la
seule voie d'un «avenir radieux» alors qu'il s'avère être, pour une
grande partie de la population mondiale, une utopie de plus après
tant d'autres, et donc une impasse. Comment faire, dans ces
conditions, pour fonder de nouveaux espoirs, tracer d'autres pistes,
éviter en quelque sorte l'explosion d'un monde factice et sauver
l'essentiel des espoirs que porte la mondialisation ?