Les légitimations de l'esclavage et de la colonisation des Nègres

Pourquoi et comment les crimes des déportations esclavagistes massives et des
colonisations commis à l'encontre des Nègres, qui durent depuis le
VII<sup>e</sup> siècle et se poursuivent encore, ont-ils pu être si facilement occultés et
oubliés en Afrique, en Orient et en Amérique, tant par les victimes que par les
agresseurs ?
Au non-initié, cet ouvrage propose quelques repères essentiels à la
compréhension des processus de légitimation de cette mise en esclavage et de
cette colonisation des Africains au sud du Sahara et ailleurs. Il questionne le
spécialiste sur la pertinence de ses problématiques théoriques, de certains de ses
choix stratégiques et épistémologiques, sur sa liberté de chercheur et son
«idéologie spontanée» de savant.
Il explicite la généalogie et l'enracinement idéologique de l'essentiel de ces
légitimations.
Dès lors, il devient urgent de démanteler les avatars de ces édifices
idéologiques qui aveuglent les consciences et mettent les Nègres en dehors de
l'humanité. L'Occident chrétien doit s'extirper de sa «culpabilité rétrospective»
et le monde arabo-musulman de son autisme légendaire à propos de leurs
dominations impérialistes et esclavagistes sur les Nègres.
Tout en reliant le passé et le présent de nos imaginaires, il nous faut pourtant
échapper aux pesanteurs de certaines idées du passé, revisiter certains termes
comme nigger (Nègre en anglais), abid (esclave en arabe), kuffar (idolâtre),
racaille, inassimilables, sauvageons, etc. Une condition sine qua non de la liberté
exigée par l'abbé Grégoire, Wilberforce, Césaire, Mandela, Fanon, Cheikh Anta
Diop, Sartre, et maintenant Barack Obama...