La soue

Une vie banale. Des espoirs. Désespoir. Indifférence.
Une vie qui passe sans qu'on le sache faite de sillages
parallèles, d'itinéraires qui ne se rencontrent jamais.
Naissance difficile mais tellement courante dans la
Bretagne des débuts du siècle passé. L'absence de père,
l'origine miséreuse d'une mère : une bossue conspuée,
violée, bonne de bistrot de campagne traitée comme une
moins que rien toute sa courte existence.
Odile, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, parviendra à
travers l'école et la lecture à se hisser juste au-dessus de
cette vie sans relief dans laquelle tout le monde souhaite
la voir demeurer, juste au-dessus pour imaginer, sinon
entrevoir, un temps au moins, le désir d'autre chose. Ce
lourd passé qui l'accable l'empêchera toujours de s'envoler.
C'est sur ce constat que l'auteur égrène les fragments
d'une destinée sans lumière qui entraînera le
lecteur des profondeurs de la campagne dinannaise aux
HLM de la périphérie rennaise en passant par l'Algérie.