Le bal des princes

Après de longues années d'exil, un jeune professeur
de littérature est en partance pour le village
de son aïeule. Ce matin-là, il traverse le fleuve et
rejoint la terre de son enfance, mais au calme habituel
s'est, semble-t-il, substitué une étrange agitation
: l'un des colonels de l'armée est attendu dans
cette campagne tchadienne pour une visite très officielle.
Alors que les regards du jeune homme s'évadent
vers la beauté des paysages alentour, les villageois
l'identifient sans tarder comme la seule personne capable
de leur servir d'interprète auprès du colonel. Car
les dialectes en ces régions sont multiples et l'isolement
de ces provinces du Sud ne pourra s'effacer qu'au
prix de l'engagement des populations dans un même
combat.
Dans la lumière de midi, le jeune homme devient
le médiateur entre le chef de village et cet illustre chef
de guerre : une sorte de passeur sommé de rendre
intelligibles l'Ancien et le Moderne, d'être le dépositaire
des uns et des autres - bien qu'incompris des
deux camps -, pour qu'advienne, peut-être, un monde
plus homogène.
A travers cette rencontre entre un fils de l'exil et
le pouvoir incarné par un militaire, Nimrod explore
l'infini du sensible. Dans une langue éminemment
poétique, son personnage aborde les rivages de ses
contraires : cette condition d'étranger qui fait de lui
un amoureux des êtres et des lieux de cet autre versant
de sa vie.