Les seigneurs et le château de Dourgne : du XIe au XIIIe siècle

Le château de Dourgne (Dornianum, Durnanum,
Dornian, Dornha , etc.) était situé sur le territoire du
comté de Toulouse, dont les limites atteignaient, comme
l'on sait, l'Agoût, le Thoré et les Cévennes. Toutefois
les vicomtes d'Albi, qui avaient aux XI et XII<sup>e</sup> siècle la
suzeraineté de plusieurs autres localités comprises dans
le Toulousain, dominaient sur celle-ci. Vers 1025, trois
seigneurs de Dourgne, et parmi eux Guill. Comte, promirent
à ces suzerains de ne pas leur enlever ou faire
perdre ce château et ses fortifications, de n'avoir aucune
société avec ceux qui pourraient s'en emparer, mais
d'aider au contraire à le recouvrer lorsqu'ils en seraient
requis par les vicomtes, et après avoir repris la place,
de la leur rendre de bonne foi, sans frais et sans remboursement.
«Guill. Comte et ses frères, ajoute le
texte, tiendront toutes ces promesses, sauf le cas où de
bon gré et sans contrainte, les suzerains les en délieraient,
et de plus sauf le cas où il serait prouvé qu'ils
leur auraient enlevé ledit château, la preuve étant établie
par le combat singulier ou par le refus de ce combat.
(1)» On a plusieurs autres serments ou hommages
de ce genre pour la suite du siècle ; dans un il est
dit que le château de Dourgne est situé sur le Taur ou
Taurou ; dans un autre on voit que Bernard, coseigneur
de Dourgne avec Isarn fils de Rixende, tenait en même
temps du vicomte d'Albi le château voisin de Roquefort