Le sacre de S.M. l'empereur Napoléon : dans l'église métropolitaine de Paris, le XI frimaire an XII, dimanche 2 décembre 1804

Le monde entier connaît le fameux et
monumental tableau peint par David et exposé
au Louvre. En ce bicentenaire du sacre de
Napoléon I<sup>er</sup> le 2 décembre 1804, voici le
document officiel enfin réédité du reportage paru
à l'époque, aujourd'hui introuvable. Il sert à
comprendre aisément, du premier coup d'oeil, la
place et la fonction de chacun. Dans cette
cérémonie, le moindre geste, le plus infime détail
de costume et d'accessoire, revêt une importance
considérable. Alors que la France est sortie de la
Révolution et rétablit une forme de monarchie,
les yeux de tous les pays, amis ou anciens
ennemis, sont braqués sur cet événement majeur,
symbole du nouveau pouvoir en place. Lorsque
Napoléon déclare : «j'assume tout, de Clovis au
Comité de Salut Public», il en expose les
allégories dans le couronnement, véritable
rétrospective à grand spectacle. Toutes les
traditions connues sont contenues dans le
protocole, brossant une fresque fascinante encore
plus forte qu'un film de superproduction, pour
réincarner et faire se fusionner l'onction des rois
antiques de la Bible et de l'Égypte, l'Empire
romain, les trois dynasties franques
(mérovingiennes, carolingiennes, capétiennes),
plus les nouveautés du siècle des Lumières
introduites par le despotisme éclairé. Curieuse
synthèse et pourtant étonnante réussite. Suivons
pas à pas les acteurs de ces scènes où le rituel
maçonnique, la liturgie catholique et la
souveraineté impériale dantesque atteignent des
sommets inégalés. Le pape et l'Empereur
réunissent pour un instant les attributs du roi du
monde.