Les idées stoïciennes dans la littérature morale des XVIe et XVIIe siècles (1575-1642)

L'Europe érudite, littéraire et humaniste, dans les dernières
décennies du XVI<sup>e</sup> siècle et au début du suivant s'emploie à redécouvrir
le stoïcisme ancien. Son utilisation répond aux attentes
d'une époque troublée par les guerres civiles et marquée par la
double Réforme protestante et catholique. Lors de la mise en
place d'un ordre absolutiste, doctes et lettrés élaborent un art de
vivre individuel qui tient compte du modèle du sage antique. Au
coeur de cette recherche se situent les normes du bien, du beau
et du vrai et les relations entre l'individu, la cité et la religion.
Que la recherche se fasse par le néo-latin international ou en
langue vernaculaire, le stoïcisme propose des solutions mais
suscite aussi des controverses.
C'est à la connaissance de cette histoire du stoïcisme à la
charnière des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles que cette étude veut contribuer.
Pour ce faire, elle tient compte des liens entre la littérature et les
institutions qui l'accompagnent, comme la vie politique, les phénomènes
religieux et sociaux, et éclaire le travail de transformation
idéologique et littéraire opéré par l'écrivain sur ses modèles.