Saint-Jean-d'Angély, la Saintonge et le vin au Moyen Age : de l'essor au siècle d'or (Xe-milieu du XIVe siècle)

Saint-Jean-d'Angély, la Saintonge et le vin au Moyen Âge
De l'essor au siècle d'or (X<sup>e</sup> - milieu du XIV<sup>e</sup> siècle)
Au Moyen Âge central, Saint-Jean-d'Angély et la Saintonge doivent leur expansion et leur fortune au vin, à sa culture et à son commerce. L'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, qui est à l'origine de la création d'un vignoble entre la Sèvre Niortaise et la Charente aux X<sup>e</sup> - XII<sup>e</sup> siècles, devient le centre d'impulsion d'un commerce vinaire. Puis, les marchands, qui se substituent à l'abbaye dans la direction de la vie économique de la cité angérienne à travers la Commune, créée en 1199, aménagent et contrôlent la Boutonne (affluent de la Charente qui traverse Saint-Jean-d'Angély) à partir du milieu du XIII<sup>e</sup> siècle, pour favoriser l'exportation du « vin de Saint-Jean », produit dans la banlieue angérienne et dans la sénéchaussée de la Basse-Saintonge essentiellement, vers les régions du royaume de France situées au nord de la Loire (Normandie, Paris et Île-de-France, Artois) et les contrées d'Europe du Nord : Angleterre puis Flandre, Saint-Empire romain germanique (Hainaut, Brabant, Hollande, Liège, Luxembourg, Allemagne). Ce courant d'échange international connaît son apogée dans la seconde moitié du XIII<sup>e</sup> siècle et dans la première moitié du XIVe siècle. Le « vin de Saint-Jean » est si répandu en Flandre que la commune de Saint-Jean-d'Angély y obtient d'importants privilèges commerciaux, d'abord à Gravelines en 1262 puis à Bruges en 1331. Saint-Jean-d'Angély, centre du commerce vinaire de l'intérieur de la Saintonge, et La Rochelle, coeur des échanges depuis le littoral, collaborent étroitement et défendent, ensemble, leurs privilèges, aussi bien à l'étranger que dans leur environnement proche contre toute concurrence (destruction du port de Gué-Charreau, sur la Gères, en 1345). L'emprise économique du port angérien est si prégnante que les ports situés sur la Boutonne (Tonnay-Boutonne) et sur la Charente (Saint-Savinien et, dans une certaine mesure, Tonnay-Charente) sont dans son orbite. Enfin, ce livre tente d'esquisser le « monde du vin » à Saint-Jean-d'Angély au XIII<sup>e</sup> et dans la première moitié du XIV<sup>e</sup> siècle, constitué des communautés juive et lombarde, des marchands et courtiers sans oublier les viticulteurs et tonneliers angériens.