Guerre et race dans l'aire anglophone

La guerre a toujours eu une fonction importante dans
l'élaboration d'une identité nationale au sein des sociétés
humaines. La manière dont est mis en place le processus de
violence collective a pour objectif l'unification des membres
de la société et pour corollaire l'anéantissement de l'Autre.
La justification de la prééminence d'un groupe sur un autre
dans un contexte de propagande martiale obéit, par ailleurs,
à des modalités spécifiques à la culture et au comportement
des sociétés en guerre. Il s'agit dans cet ouvrage d'examiner
la rhétorique diffusée par les promoteurs d'un conflit, fondée
volontairement sur la différence «raciale», ainsi que les
discours légitimant le déclenchement des hostilités qui visent
à conférer le rôle de bouc-émissaire à l'Autre pour
l'assujettir ou l'éliminer. C'est ainsi que procédèrent les
Américains pour pacifier l'Ouest «sauvage» face aux
Amérindiens, les Nazis, lors du début du deuxième conflit
mondial en mettant leur prétendue «supériorité» aryenne en
avant, ou encore, plus récemment, les Serbes lors des
tristement célèbres «nettoyages ethniques» pendant les
guerres de l'ex-Yougoslavie.