J'ai tué Schéhérazade : confessions d'une femme arabe en colère

"Si vous abordez ces pages en quête de vérités que vous
croyez déjà connaître ; si vous espérez être conforté dans
votre vision orientaliste, ou rassuré quant à vos préjugés
anti-Arabes ; si vous vous attendez à entendre l'incessante
berceuse du conflit des civilisations, mieux vaut ne pas
poursuivre. Car je ferai dans ce livre tout ce qui est en
mon pouvoir pour vous «décevoir»." C'est en ces termes
que Joumana Haddad s'adresse au lecteur occidental
avant de lui expliquer comment elle et ses semblables
peuvent être des femmes libres dans un monde arabe
pourtant ravagé par le despotisme et l'obscurantisme.
Mêlant témoignage personnel, méditations, poèmes,
elle raconte d'abord ses premiers émois, lectrice toute
jeune encore du marquis de Sade, puis son expérience
d'adolescente qui grandit dans une ville en guerre, Beyrouth,
puis de jeune femme écrivant de la poésie libertine,
enfin de femme de quarante ans qui édite le premier magazine
érotique en langue arabe.
Tuer Schéhérazade, c'est à la fois vivre et penser en
femme libre, en femme arabe et libre , comme il en existe
tant... qu'on s'interdit de voir et d'entendre.