Stratégies patrimoniales et urbanisation : Alger 1962-1992

Dans cet ouvrage, la crise algérienne est examinée sous un angle inattendu : celui du développement d'une dissidence urbaine structurelle dont les origines remontent à la période de la décolonisation.
A travers l'examen de données statistiques inédites et l'analyse d'informations collectées directement sur le terrain, l'auteur montre en effet combien la question patrimoniale a pesé lourdement sur le développement du système urbain algérois.
Construit autour du pacte social tacite forgé lors de la révolution urbaine de l'indépendance à propos du partage du "butin de guerre" foncier et immobilier colonial, ce système ne résiste pas longtemps à l'épreuve de sa réforme et aux appétits patrimoniaux de ses élites bureaucratiques.
Il s'écroule progressivement après 1981, à l'occasion de l'opération de Cession des Biens de l'Etat, entraînant dans sa chute ce fragile consensus, mais aussi l'illusion d'une impossible gestion administrée et populiste de la ville, caractérisée par des dérapages distributifs importants à la suite de la mise en place de mécanismes de captation à la source de ces biens.
Ce qui conduit à souligner la congruence existant dans le contexte algérien entre la question nationale et la question urbaine, dans la mesure où elles procèdent toutes les deux de logiques non-marchandes, et amène à mettre en relief l'effet de sur-politisation des formes de sociabilité urbaine qu'elle provoque.
L'ouvrage se termine sur une analyse détaillée des formes à travers lesquelles se réorganisent les stratégies résidentielles des acteurs sociaux dans un contexte de modernisation bloquée des mécanismes de reproduction résidentielle et d'affectation de l'espace.