Manzini ou L'art des choix

La lourde porte métallique se referma sans douceur derrière
Franck Rinaldi. Le bruit sourd de la serrure automatique mettait
enfin un terme à un chapitre entier de sa vie. Un long chapitre
de vingt années. Un chapitre de merde.
Il posa son volumineux sac de voyage à terre, se retourna,
défia du regard l'immense façade de pierre meulière érigée
devant lui et cracha au sol avec une grimace de dégoût.
«Bande d'enculés», pensa-t-il.
Un ancien taulard décidé à faire la peau aux deux affreux
qui l'ont fait plonger pour vingt piges : le scénario est classique,
pour le détective privé Olivier Manzini. Ce qui l'est moins,
c'est quand une cliente prétend avoir vu un fantôme sur la
vidéo du braquage sanglant d'une brasserie parisienne... et
lui demande de le retrouver.
De Paris jusque dans le sud de la France, le privé et le
taulard vont croiser le chemin d'une brochette de fous furieux
qui ne reculent devant rien... ou presque.
Prostitution, réseaux pédophiles, secte de tordus... pour
Manzini le Parisien, amateur de bières fraîches et de pizzas,
c'est le plongeon tout habillé dans un drôle de panier de crabes.