Berchtesgaden : un dîner avec le diable

Churchill aurait dit : « L'Histoire me donnera raison, d'autant que c'est moi qui l'écrirai ! » On s'est souvenu de ce trait d'esprit quand en 2001 parut Pour l'Histoire de Léopold III. Des historiens ont d'ailleurs noté que l'ouvrage soulevait beaucoup de questions, à commencer par celles des principes les plus élémentaires de la critique historique.
Dans Un dîner avec le diable , l'auteur lit la version du Roi sur sa rencontre avec Hitler à la lumière de quelques règles éprouvées de la pragmatique linguistique. Vu les souvenirs fragiles et les oublis opportuns qui émaillent cette tentative royale de « rétablir la vérité », on doit reconnaître qu'elle n'atteint pas son but. Car contrairement à ce que conseille une maxime ancienne, en dînant avec le diable, Léopold III n'a pas eu la cuillère assez longue.