Henry Ey et la philosophie : les racines et référents philosophiques et anthropologiques d'Henri Ey

Henri Ey et la Philosophie
Les racines et référents philosophiqueset anthropologiques d'Henri Ey
On a dit d'Henri Ey qu'il était « le plus grand psychiatre de son temps » (A.Green), « le plus grand psychiatre européen depuis
Freud » (Pr Kisker, de Hanovre], Mais un « toubib » peut-il être philosophe ? demandait Jean Beaufret [qui semblait en douter].
D'autres n'en doutent pas, voire le recommandent ou en font une obligation : d' Hippocrate à Karl Jaspers deux mille ans après.
Sa théorie Organo-dynamique (neurodéveloppementale et neo-jacksonienne à l'origine) est-elle une philosophie ? Aux
professionnels de la discipline d'en décider. Pour Ey , elle est d'abord une théorie de la maladie, des maladies mentales. Et,
bien sûr, il n'y a pas de théories, mais des philosophies, de la vie. Kurt Goldstein avait voulu faire de La structure de l'organisme (1934) une introduction à la Biologie à partir de la pathologie humaine (surtout neurologique). Ey suit la même démarche : de la pathologie humaine, surtout psychiatrique (1936) à une certaine idée de l'homme ( le Traité des hallucinations , 1973). Mais une certaine idée de l'homme, c'est déjà de la philosophie et il en est beaucoup question aussi dans La Conscience (1963/68) et dans Naissance de la Médecine (1981).
Que trente ans après son neo-jacksonisme du début, son oeuvre ait pris une tournure ontologique et philosophique d'une toute
autre ampleur (CJ. Blanc , Ph. Prats ), mais qu'il s'épuisât encore à fustiger le dualisme cartésien, pourrait faire penser à cette « mélancolie philosophique » de Hume devant l'incapacité de la raison à trouver des solutions à ce problème ; dont son « optimisme naturaliste » parvenait, paraît-il, à le guérir.
Naturaliste et optimiste, Henri Ey l'était bien aussi, ce qui nous
le rendit si sympathique et si rassurant ; pas seulement, mais
tellement, savant.