La Cour internationale de justice et l'Afrique

La Cour internationale de justice et l'Afrique

La Cour internationale de justice et l'Afrique
2005782 pagesISBN 9782731404715
Format: BrochéLangue : Français

De l'affaire du Sud-Ouest africain, qui mit à jour en 1966 le malentendu entre une Afrique

pourfendeuse des injustices internationales et une CIJ appliquant le droit classique, et celle

des Activités militaires sur le territoire du Congo qui fait appel au rôle de la Haute juridiction

dans le rétablissement de la paix, l'Afrique a révélé un besoin de droit dont l'influence

sur la jurisprudence de l'organe judiciaire principal des Nations Unies est conséquente.

Dix-sept arrêts, six avis consultatifs et treize ordonnances en indication de mesures conservatoires,

rendus par la CIJ de 1950 à 2004 à l'initiative d'États africains souverains,

montrent l'engouement du continent pour la Cour mondiale et l'interaction qui en découle.

Caractérisée par un risque de guerre perpétuel et le besoin d'un bouclier judiciaire protégeant

des souverainetés menacées sur le plan continental et international, l'Afrique amène

la CIJ à contribuer à son émancipation et sa pacification.

Les affaires opposant un État africain à un État extra-continental comprenaient une dimension

politico-judirique qui fit de la CIJ un instrument de la stratégie internationale des États

africains. Soucieux de trouver leur place sur la scène internationale, ces derniers l'utilisèrent

en faveur de l'évolution du droit international, de l'élargissement des sources juridiques et

des poussées institutionnelles visant à limiter la puissance relationnelle dans l'ordre international.

L'impact jurisprudentiel est notable sur le plan substantiel - droit de la décolonisation,

droit des résolutions - et procédural - accès au prétoire universel, nature de la fonction

judiciaire.

L'Afrique devint dans les années quatre-vingt le premier client de la Cour au moyen de

saisines continentales, la Haute juridiction étant cette fois appelée massivement à renforcer

et confirmer le droit international existant, celui de la protection de la souveraineté et de

l'indépendance étatique. Cantonnée dans un premier temps aux questions frontalières dont a

découlé un apport favorisant les émules, la jurisprudence africaine s'est, depuis, diversifiée

pour aborder des questions fondamentales touchant aussi bien le développement du droit

international que la fonction judiciaire, telles que la compétence universelle, le contrôle des

actes du Conseil de Sécurité ou le rôle de la CIJ dans les conflits armés. L'organe judiciaire

apparaît de moins en moins comme un ultime recours dans le règlement des différends

africains et intègre la stratégie diplomatique des États dans une double tendance à la juridicisation

des relations internationales et la désacralisation de la justice internationale

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