Une ville dans ma vie : Saint-Malo

En sept Chapitres, la vie d'un Bâtisseur... tel apparaît le livre de Marcel Planchet, son énième chantier. Ancien maire de Saint Malo, ancien Conseiller Général et Régional, nonagénaire, allure de « jeune homme », il a condensé dans trois-cent-trente pages quelques quatre-vingt-dix années d'existence, dont vingt-huit de vie publique. Toutes avec leur grandeur et leurs servitudes, leurs ombres et leurs lumières.
En préambule il décrira son « enfance douloureuse, semée de grandes peines et de petites joies, de petites tendresses et de grands chagrins... », la paysannerie bretonne repliée sur elle-même au lendemain de la guerre 14/18 : « Un monde dur, justifie-t-il, les hommes y gagnèrent chèrement leur pain... »
Sa vie professionnelle prit réellement de l'importance après la libération de Saint-Malo quand François Château, fils d'un ancien paveur de Lavau-sur-Loire devenu Maire de Rennes, lui a conseillé de se rendre à Saint-Malo et de se mettre à son compte dans les B.T.P. : « Achète une entreprise de bâtiment, lui a-t-il dit, les occasions ne manquent pas, et lance-toi dans la construction ! »
Chose dite, chose faite. Deux décennies pour ce travail énorme que représentait la construction des immeubles dans les quartiers sinistrés de l'agglomération. Celui de la Cité d'Alet avait été littéralement rasé et l'Intra-Muros détruit à quatre-vingts pour cent. D'aucuns avaient même songé à y dresser un obélisque du souvenir...
Maire de Saint-Servan, acteur du rassemblement des trois communes (Saint-Malo, Saint-Servan et Paramé), il en devint le Premier Magistrat le 3 décembre 1967. Il fallut plusieurs années pour surmonter les immenses problèmes engendrés par un tel bouleversement. De par sa connaissance des réactions humaines, en possession d'un sens social naturel, avec compréhension mais aussi fermeté. Marcel Planchet sut apaiser les rivalités, trouver une place pour chacun, en un mot se sortir de difficultés parfois ubuesques qui apparaissaient à tous les stades de cette importante affaire.
En écrivant cet ouvrage, il s'engageait, foi en tête, à rapporter fidèlement ce qu'il fallait d'endurance pour réaliser le moindre chantier - tous terrains confondus - dans tous les sens du terme. Il l'a entrepris comme on entame une conversation, mais parfaitement conscient qu'il lui faudrait rassembler les preuves du travail accompli.
L'auteur, que ses compatriotes appellent amicalement « Marcel », n'a pas eu besoin de sortir de polytechnique pour poser sa pierre à l'édifice malouin. Toute son expérience et la maîtrise de son art ont été le meilleur gage de son efficacité.
Les défis à relever, sa confiance en soi, lui auront donné toutes les audaces.
Clotilde Duvauferrier Chapelle (c.c.)