Mémoires et traditions ouvrières : contribution à l'histoire du syndicalisme en Lot-et-Garonne. Vol. 2. De 1937 à nos jours

Le 1<sup>er</sup> tome de cet ouvrage retraçait la formation des organisations ouvrières, politiques et syndicales
dans le Lot-et-Garonne. Avec leurs rythmes propres, les différentes communautés de travailleurs du
département, les bouchonniers de l'Albret, les métallos d'Agen, de Fumel ou de Nérac, les ouvriers de la
chaussure de Miramont, ceux des briqueteries d'Agen et de Libos, ceux du textile de Casteljoloux, les
cigarières de Tonneins, les ouvriers du bois et les résiniers des centres forestiers, les cheminots de Marmande
et d'Agen..., ont construit leurs instruments de défense collective, lors des nombreux affrontements sociaux qui
ont marqué le XIX<sup>e</sup> siècle et la moitié du XX<sup>e</sup>. Il s'achève sur une date symbolique : 1936, période de
conquête de droits nouveaux, et d'affirmation d'une dignité retrouvée.
Le 2<sup>e</sup> Tome concerne la deuxième moitié du XX<sup>e</sup> siècle : une génération ouvrière passe le relais à une
autre. Dans les entreprises, les usines, les ateliers, les bureaux, les dépôts, et les chantiers du département, de
nouveaux militants vont continuer et prolonger l'action de transformation des rapports sociaux entreprise par
ceux qui les ont précédés au travail. Certains s'engageront dans les combats de la Résistance et de la
Libération, contre le fascisme écrasant le monde de sa poigne d'acier : beaucoup y laisseront la vie. Les
militants de l'après-guerre imposeront la reconnaissance d'un droit syndical sans cesse remis en cause par un
patronat généralement hostile à tout partage de son autorité. La période étudiée est également marquée par
les évolutions et les reclassements au sein du syndicalisme qui ont provoqué de profondes ruptures dont les
traces sont encore visibles aujourd'hui : scission de la CGT en 1947 et formation de FO et de la FEN,
déconfessionalisation de la CFTC et formation de la CFDT...
Dans ce livre, est relaté comment le Lot-et-Garonne populaire a réagi aux grands événements
mondiaux et nationaux comme les affrontements de la Guerre Froide, les guerres coloniales et
particulièrement celles d'Algérie et d'Indochine, mais aussi comment il a tenté de résister à la désertification
industrielle : de 1960 à nos jours, c'est par centaines que ferment les entreprises dans le département : des
branches d'activité entières disparaissent comme la récolte de la résine dans la lande, la bouchonnerie dans
l'Albret ou la chaussure de Miramont ou le textile à Agen...
A chaque fois ce sont des tissus de relations humaines patiemment construits sur des décennies qui se
défont brutalement, ce sont des drames sociaux qui se jouent, les travailleurs et leurs familles refusant la dure
loi d'airin de la rentabilité économique.
Deux moments forts sont particulièrement évoqués dans cette rétrospective sociale, Mai 1968 et
Décembre 1995, deux crises majeures encore vivaces dans les mémoires de ceux qui les ont vécues, au cours
desquelles tout semble basculer, où les pouvoirs traditionnels, politiques et patronaux, vacillent, où «le monde»
pour reprendre une formule célèbre, semble vouloir «changer de base»...