Etudes théâtrales, n° 36. Surveiller : oeuvres et dispositifs

Sous l'impact d'un spectacle, Britannicus , dans la mise en scène d'Alain
Bézu, m'est apparue l'importance des dispositifs de surveillance installés
sur le plateau face à un spectateur convié à être le témoin de leur
exercice. Érigé en «spectateur surinformé», dissimulé, blotti dans le noir
de la salle, il «surveille» à son tour et ainsi j'eus la révélation d'un
rapport particulier, policier et brechtien, du public au dispositif.
L'équipe de recherches constituée à l'Institut d'Études théâtrales a
permis de réunir des analyses appliquées aux textes, aux spectacles, voire
même à certaines pratiques du jeu. Ces travaux pluriels m'ont conforté
dans la conviction que la surveillance, au-delà de l'art et des frontières,
concerne chacun de nous. Cela explique pourquoi ces textes ne se
départissent jamais de tout ce qu'elle comporte comme aspects troubles
et pervers. Ils sont réunis ici sous la tutelle d'un verbe, Surveiller , verbe
chargé de menaces, mais aussi de vertus protectrices. Verbe de
l'ambiguïté. Il invite à voyager à travers l'histoire aussi bien que parmi
des oeuvres ayant la force de se constituer en repères exemplaires.
G.B.