Que s'ouvre l'horizon

Le diagnostic des médecins est formel : la mère va mourir, dans
quelques semaines tout au plus. Son fils unique se doit de revenir au
pays natal afin de l'accompagner dans ses derniers instants.
L'homme n'y était pas retourné depuis plusieurs décennies. Il avait fui
l'univers clos et asséché d'un village souabe dont le catholicisme à la
poigne de fer et la morale étroite avaient depuis longtemps condamné
sa mère célibataire, tout comme lui, l'enfant naturel. Au chevet de
celle-ci, le voilà confronté à sa mémoire, de même qu'à une femme qui
fut à la fois le pivot de sa vie et son ennemie dévorante.
Se libère-t-on jamais de ses origines, de son ascendance ? Est-il possible
d'embrasser d'autres horizons ? Dans un roman tendu et poétique,
Karl-Heinz Ott aborde ces questions avec une sincérité et une finesse
qui forcent l'admiration. On comprend que le livre ait été couronné en
Allemagne par le prestigieux prix Hölderlin.