Le Japon résigné : la non-résistance au changement fait sa force

L'économie japonaise cherche un nouveau souffle en comptant une fois de plus
sur la résignation pour y puiser de nouvelles forces. Le Japon, pour qui Dieu n'existe
pas, est gouverné par une administration puissante mettant en oeuvre la vieille
éthique samuraï, plutôt que le droit. Les politiciens ne sont que des rouages de la
grande mécanique, dépouillés du vrai pouvoir, au service de la main invisible du
marché.
La devise du Japon a toujours été que pour survivre, il ne faut pas résister au
changement venant de l'étranger. Cette fois, le Japon est menacé de l'intérieur par la
disparition de la moitié de sa population, le réchauffement climatique, la
décroissance économique et la fin du pétrole. L'éducation et les moeurs se dégradent,
entraînant un sentiment d'insécurité. De nouvelles formes de suicides apparaissent,
la cellule familiale se disloque et les Japonais devront travailler toute leur vie. La
progression de la précarité est une des causes du mal de vivre, car la classe moyenne
se réduit considérablement. Mais il y a aussi des Japonais sans état-civil, et
l'amnésie permanente du pays sur son cruel passé...
Un nouveau grand défi oblige le Japon, non plus à se soumettre à des
envahisseurs, mais pour la première fois, à faire preuve d'initiative pour un grand
changement. Toutefois les Japonais préfèrent fuir face à l'incertitude qui s'est
infiltrée dans les méandres de la société. C'est la meilleure façon, pour eux, de se
défendre et de tirer profit de leur résignation pour sortir de la décroissance
économique et financière depuis 2008, l'année du bizarre changement.