Yann Paranthoën : l'art de la radio

Son nom symbolise la «radio comme art». Fils de tailleur de pierre, entré «par
hasard» à la radio en 1957, il y découvre, par ses propres moyens, une manière
spécifique de raconter le monde par le son. Dans ses compositions, la parole est
un matériau à sculpter, au même titre que les sons de la vie ou ses silences. Lui-même
comparait son travail à la peinture ou encore à la taille du granit : extraire
de la réalité un bloc sonore, le monter comme on taille la pierre, le polir par
mixage...
Compositeurs, écrivains, producteurs de radio et plasticiens qui l'ont connu disent
ici son apport essentiel à l'art sonore, et son influence grandissante - qui s'exerce
bien au-delà des cercles radiophoniques, parce que l'oeuvre se confronte à la
double question de la construction de la forme et de la restitution du réel. Ils
témoignent de ce qu'ils ont appris de lui : l'urgence de briser les conformismes de
la radio ; l'exigence d'une écriture pour porter l'écoute à incandescence . En écho
aux propos de l'artiste, leurs témoignages dessinent un portrait du «tailleur de
sons». Des notices consacrées à ses différentes pièces complètent cette monographie
qui permet de ressaisir l'ensemble de son activité sonore.