Le goût perdu des mûres sauvages : chronique

«Gil Aucante est au Berry ce que Jean Henri Fabre fut au monde extraordinaire des insectes ; son livre devrait s'intituler : Souvenirs entomologiques.
«C'est du vécu, à l'état brut, raconté avec ce sens aigu de l'image et du détail qui fait les grands peintres, avec la tendresse et l'attention d'une femme profondément attachée à ses racines. (...)
«Au rythme lent des saisons, l'auteur nous dépeint la vie quotidienne en Berry. C'était hier, il y a cinquante ans à peine - heureux temps ! -, quand les veillées remplaçaient avantageusement la télévision, quand les hussards de la République apprenaient non seulement à lire, à compter à nos enfants, mais à distinguer le bien du mal et à respecter les règles de la politesse. Elle nous raconte les labours, les longues soirées d'hiver, les moissons, les vendanges, les mariages et les enterrements, les fêtes patronales, le conseil de révision, les assemblées et foires traditionnelles, le maréchal-ferrant.
«Son récit, pimenté de savoureux dialogues et anecdotes, planté d'ineffables personnages, nous conte les croyances, les rites, la sorcellerie, les rebouteux et panseux ; mais aussi - l'émotion entre les lignes - la guerre, les souffrances, la pauvreté, toutes ces misères que l'esprit et l'humour propres au terroir permettent de surmonter.»
Jean Miot