Le prince et l'écrivain : Alexandre Dumas et le prince Napoléon : correspondances et textes inédits

Républicain de bonne foi, Alexandre Dumas ne résiste pas à la fascination
qu'exercent sur lui les princes de toutes les dynasties. Il se justifie en les
rangeant parmi ceux qui, dans les grands chambardements politiques du
XIX<sup>e</sup> siècle, ont eu des malheurs, catégorie des gens qu'il aime le plus et
le mieux. Cependant deux princes, le duc d'Orléans et le prince Napoléon,
échappent à cette figure du prince aimé parce que malheureux, en exil ou
en prison, pour n'être aimés que pour eux-mêmes. N'écrit-il pas au jeune
prince Napoléon, après la mort du duc d'Orléans : «J'avais au coeur deux
affections [...] auxquelles la politique devait naturellement rester étrangère
- ces deux affections, Monseigneur, se portaient sur Votre Altesse et
sur le duc d'Orléans - Maintenant vous restez seul mon prince.»
C'est l'histoire de cet amour pour le fils de Jérôme Bonaparte, surnommé
Plon-Plon, qui est retracée à l'aide de documents, le plus souvent inédits,
en particulier les lettres capitales que l'écrivain adresse au «prince rouge»
et les articles qu'il lui consacre.
Claude Schopp.