A Vienne, le jour où Haider

Il y a Vienne, écrasée par ses souvenirs de splendeur. Une ville musée, un Disneyland de la culture européenne. On se cogne partout sur Sissi, Mozart, Zweig et Kafka... Jârg Haider lui-même n'échappe pas au portrait géant de Freud accroché en face de la présidence. Haider offre une autre version du passé : on avait oublié que la ville de Freud était, aussi, celle d'Adolf Hitler.
Cette fois, l'Europe n'accepte pas. Elle ne peut rester indifférente à l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite. je devrais être satisfait, je ne le suis pas. C'est que l'on a, vis à vis de l'Autriche, des exigences que l'on voudrait retrouver ailleurs. Ce petit pays allemand que l'on croyait voué aux valses et opérettes est assurément coupable ! Mais la France s'était acharnée sur l'ancien empire, elle avait provoqué la ruine de l'Europe pour les beaux yeux d'un terroriste serbe. De Sarajevo à Sarajevo, les scories de l'histoire n'ont pas fini de tomber sur l'Autriche. Hier le rideau de fer coupait Vienne de Prague et Budapest. Aujourd'hui Haider n'est qu'un dommage collatéral des guerres de l'ex-Yougoslavie.
Et ce n'est pas la germanophobie qui nous protégera du fascisme, elle est, au contraire, l'antifascisme des imbéciles.