Femmes, rhétorique et éloquence sous l'Ancien Régime

Vir bonus dicendi peritus , aurait dit Caton le Censeur : l'homme de bien est habile à la
parole. Et la femme de bien ? Et les femmes, plus généralement, dans les sociétés qui
leur refusent l'éducation ? À première vue, personne ne semble plus étranger que
les femmes d'Ancien Régime à la rhétorique, cet «art de persuader par la parole» révéré
depuis l'Antiquité. Rien ne semble davantage réservé aux hommes, qui l'apprennent dans
les collèges, à côté de la grammaire et de la logique, avant de le mettre en pratique dans
l'enseignement supérieur, la justice, le conseil..., professions exclusivement masculines.
Et pourtant, du XVI<sup>e</sup> siècle aux Lumières, nombreux sont les témoins qui insistent sur
l'éloquence remarquable de leurs contemporaines. C'est dire si cet ouvrage collectif, le
premier en français à s'intéresser à une telle problématique, repose sur une gageure
apparente : y aurait-il une forme d'éloquence féminine étrangère à la rhétorique ? Y aurait-il
une rhétorique apprise ailleurs que sur les bancs des universités ?