Sonis, mystique et soldat : Algérie, Solférino, Loigny

Le 15 août 1987 était célébré à Loigny le centenaire de
la mort du général Gaston de Sonis devant une foule
émue au souvenir de ce héros malheureux d'une
malheureuse guerre, héros admiré et même vénéré
jusqu'en 1914. Il n'est pas douteux que son exemple a
soutenu le courage de bon nombre de jeunes hommes
lancés dans de nouveaux combats.
Louis-Gaston de Sonis, né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)
le 25 août 1825 est le type même de ces Français de
l'extérieur qui ont planté un panache dans l'histoire de
France. Fils d'officier catholique et royaliste, il sera
officier, catholique et royaliste. Homme à la charnière
de deux époques, il s'efforcera de maintenir et de transmettre
les traditions menacées dont il est l'héritier.
Royaliste, il servira l'Empire et la République avec
loyauté, car, pour lui, c'est servir la France.
Officier sorti, de Saint-Cyr, puis de Saumur, il aura une
haute idée de son rôle, en particulier pendant les seize
années passées en Algérie (1854-1870) à combattre et à
administrer. Sa connaissance de la langue, des moeurs,
de l'histoire des Arabes, le fera considérer comme l'un
des meilleurs spécialistes de l'armée en Algérie.
Catholique, il ira plus loin que la simple morale chrétienne
vécue à tout instant dans sa famille (il avait
douze enfants) et dans son métier. Marqué par la spiritualité
du Carmel, sa quête de la perfection l'amènera à
supporter, pendant dix-sept ans, avec une grandeur
d'âme et une sérénité jamais en défaut, les douleurs
consécutives à l'amputation de la jambe après sa blessure,
le 2 décembre 1870 à Loigny.