Socio, n° 5. Inventer les sciences sociales postoccidentales

Socio, n° 5. Inventer les sciences sociales postoccidentales

Socio, n° 5. Inventer les sciences sociales postoccidentales
2015281 pagesISBN 9782735120321
Format: BrochéLangue : Français

«[...] qui, en France, en dehors de quelques érudits ou spécialistes, pourrait citer une

quinzaine ou une vingtaine d'auteurs contemporains incarnant le renouveau de la pensée par

exemple en Inde, en Chine, au Japon ou en Corée ?

Les déclarations d'intention ne suffisent pas, nous devons entrer bien plus nettement dans un

espace intellectuel et scientifique peuplé également de tels auteurs.» Michel Wieviorka

«Avec la circulation et la globalisation des connaissances, de nouveaux centres et de nouvelles

périphéries se forment, de nouvelles hiérarchies apparaissent plus ou moins discrètement qui

produisent des compétitions et des concurrences pour le développement de "nouveaux" savoirs.

Les centres de production de la connaissance en sciences humaines se sont largement déplacés

vers l'Asie du Sud, du Sud-Est, orientale, centrale, pacifique. La critique de l'eurocentrisme déjà

bien engagée par Edward Said, Immanuel Wallerstein, Dipesh Chakrabarty, Gayatri Chakravorty

Spivak, Syed Farid Alatas... s'est largement affirmée dans cette période d'internationalisation

des savoirs.» Laurence Roulleau-Berger

«En tant que "science bourgeoise", la sociologie chinoise a cessé d'exister pendant presque

trente ans, entre le milieu du XX<sup>e</sup> siècle et la fin des années 1970, juste avant la Réforme

chinoise. Depuis la Réforme et l'ouverture, elle a connu un développement rapide, de même

que l'économie et le droit. La sociologie chinoise se définit précisément par cette "conscience

des problèmes", qui prend forme grâce à l'enquête sur les grands problèmes pratiques et la

recherche de solutions. En un sens, une école sociologique chinoise contemporaine est en train

de voir le jour, assez proche de ce que fut l'école de Chicago en son temps.» Li Peilin

«L'intérêt que Foucault portait à la théorie économique de la pénalité était de l'ordre de

l'évidence : la politique pénale qui en dérivait n'avait besoin ni de discipline, ni de conception

de la dangerosité, ni de la profession psychiatrique, ni même des sociologues. Comme Becker

l'a écrit en 1968 : "[...] une théorie utile du comportement criminel peut se passer de théories

spéciales de l'anomie, de défauts psychologiques, ou d'hérédité de caractères spéciaux, et

simplement étendre l'analyse habituelle et préférée de l'économiste". Ce qui aurait mené

Foucault à déclarer, au Collège de France, que du point de vue de l'analyse économique de

Becker, "la bonne politique pénale ne vise aucunement à une extinction du crime, mais à un

équilibre entre des courbes d'offre de crime et de demande négative. Ou encore : la société

n'a pas un besoin indéfini de conformité. La société n'a aucunement besoin d'obéir à un

système disciplinaire exhaustif".» Bernard E. Harcourt

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