Chinatown

Le métro s'arrête : colis suspect.
Pour la narratrice, une Vietnamienne qui vit à Belleville,
le temps s'arrête aussi. Son fils s'endort sur son épaule
tandis que commence un long monologue intérieur
qui ne s'interrompt qu'au départ de la rame,
à la dernière ligne du livre. De la vie étriquée de Hanoi
postcommuniste à la banlieue parisienne où
elle enseigne l'anglais, en passant par cinq années
d'études à Leningrad, elle tente de comprendre
ce qu'elle a subi plus que vécu : sa passion pour Thuy,
un Chinois de Hanoi qu'elle n'a pas revu depuis
onze ans et qui vit à Cholon, le Chinatown de Saigon.
Si l'écriture - le lecteur découvre des extraits
de son roman intitulé I'm yellow , traversé par un train
mystérieux, écho du métro - lui permet de vivre
l'éloignement, l'enfant qu'elle a eu avec Thuy
lui sert de lien entre le passé et l'avenir.
Les phrases qu'elle martèle sont autant de tentatives
désespérées, où se mêlent autodérision et humour,
pour fixer ce monologue qui lui échappe,
pour exorciser cette passion qui la hante.