( ) : tragédie pour deux espaces. + 1 : théâtre

La trame se tisse sur fond de prise d'otage en Irak. Mais
plus qu'une citation des crises politiques actuelles, ce
monologue est un huis clos intérieur : c'est une lente descente
aux enfers, où l'attente d'un geste, du moindre message, du
moindre signe de l'Autre plonge celui qui attend dans un
état de dépendance absolue. Rien n'est plus insupportable
que le vide.
Envoyer tous les jours des bouteilles à la mer, coûte que
coûte, ne pas rompre le lien qui semble pourtant se
dénouer. Revenir, revenir sans cesse affronter le silence
dans l'espoir d'une rédemption.
Mais si cette pièce relate l'histoire d'un l'esclavage
amoureux et ses conséquences, c'est avant tout celle de la
construction d'un gouffre, celle de l'irréversibilité d'un
cloisonnement échafaudé sur l'espérance, cet espace de
protection cimenté à force d'absence... et de silence qui
hurle. Cette histoire est celle d'un homme assassiné par le
vide.