Le discours rapporté dans l'oral spontané : l'exemple du français parlé en République du Congo

Citer l'autre ou se citer soi-même pour rapporter son dire est une
activité quotidienne de l'homme. Pendant longtemps, la tradition
grammaticale, en s'appuyant sur un corpus écrit, a limité en trois, la
manière de rapporter les paroles : le discours direct (DD), le discours
indirect (DI) et le discours indirect libre (DIL). Or, à l'oral spontané, le
discours rapporté (DR) a ses propres caractéristiques comme le montrent
ces exemples : <ol>
-
Il a dit-je viens (pause)
-
Il a dit je viens (Parataxe sans pause)
-
Il a dit que je /viendrai, viendrais /.
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Il a dit oh je viens (décrocheur énonciatif)
-
Il a dit que non je viens (cumul des décrocheurs)
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Il a dit que faites descendre les clients (modalité injonctive
avec que)
</ol>
En (1) et (2), nous avons une construction parataxique marquée par la
présence d'une pause ; en (3), on se demande s'il s'agit d'un DI quoique
le pronom de l'interlocution je ne soit pas substitué en pronom de
l'univers Il ; en (4), le DD est introduit par un décrocheur énonciatif,
l'interjection joue ainsi un rôle phatique dans la communication ;
en (5), nous notons le cumul du conjonctif que et du décrocheur non à
l'initial du DD. Enfin, en (6) le que ne sert pas à compléter la proposition
subordonnée.
À partir d'un corpus du français parlé recueilli en République du Congo,
cet ouvrage s'appuie, sur les acquis de la tradition grammaticale prenant
en compte plusieurs faits linguistiques de la phrase, de la modalité, des
temps et modes, etc. En montrant que l'oral spontané avait ses propres
particularités, et que le DR à l'oral ne fonctionnait pas forcément comme
à l'écrit.